Roselyne Bachelot, la grippe A et les rassemblements - notamment politiques -

, par  J.G.
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Extrait de l’interview de Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, à RMC le 30 novembre 2009, sur la progression de l’épidémie de grippe A et l’organisation de la campagne de vaccination. [1]


 J.-J. Bourdin : La grippe A : est-ce que nous allons passer au degré d’alerte 6 ?

Roselyne Bachelot : Nous nous voyons tout à l’heure avec le président de la République, la question sera sans doute évoquée. Mais la question n’est pas là. Les Français maintenant - et c’est un grand succès, les Français sont - vont dans les centres de vaccination, ils se font vacciner. Vous savez, la bataille de la vaccination n’était pas gagnée il y a seulement quinze jours, et nous avons décuplé la fréquentation des centres de vaccination. On est passés de 10 000 par jour à 120 000 par jour en quelques jours, avec des difficultés de logistique bien compréhensibles devant cette adhésion de plus en plus importante des Français à la vaccination anti-grippe. La vaccination c’est la meilleure politique de prévention contre une épidémie qui peut avoir des formes majoritairement peu sévères, mais qui a aussi, qui montre des formes sévères, en particulier chez des jeunes enfants. Nous avons encore enregistré huit décès pratiquement dans le week-end, avec des personnes qui n’avaient ni facteur de risque, pour la plupart qui n’avaient ni facteur de risque, ni problème particulier.

 J.-J. B. : Huit décès dans le week-end en France ?

R.B. : Voilà. Donc on voit qu’il faut véritablement se protéger.

 J.-J. B. : Bien. Vous avez rendez-vous donc à 9 heures avec le président de la République. Est-il possible que nous passions au niveau 6 ?

R.B. : C’est possible. Mais vous savez le niveau 6...

 J.-J. B. : Voilà, expliquez-nous. Si nous passons au niveau 6, que se passe-t-il ?

R.B. : J.-J. Bourdin, le niveau 6, c’est quelque chose qui a été imaginé au moment de la grippe aviaire.

 J.-J. B. : Oui, je me souviens.

R.B. : C’est-à-dire avec une grippe peu contaminante mais avec 60 % de mortalité. Alors, il y a des outils dans le niveau 6 qui - sont - peuvent d’ores et déjà être utilisés, par exemple l’interdiction des rassemblements. Par exemple on le voit à travers des matchs de football qui sont supprimés.

 J.-J. B. : On pourrait interdire.

R.B. : C’est une boîte à outils mais on se sert des outils. Vous savez, les Français, on a l’habitude de construire des cathédrales technocratiques et d’essayer de faire rentrer la réalité des choses dans les démarches administratives.

 J.-J. B. : Si j’ai bien compris, si nous passons tout à l’heure au niveau 6, si le Président de la République annonce que nous passons au niveau 6, ce qui est possible...

R.B. : C’est possible. Objectivement avec une démarche...

 J.-J. B. : Quelles conséquences ?

R.B. : Ça objectivera le fait qu’on se servira d’autres outils. Nous verrons bien.

 J.-J. B. : C’est-à-dire, lesquels ? On pourrait se servir de quels outils ?

R.B. : Par exemple, dans le niveau 6, il y a l’interdiction des rassemblements, y compris des rassemblements politiques.

 J.-J. B. : Oui.

R.B. : Je pense qu’on n’est ... Mais ça ne veut pas dire qu’on les utilisera forcément.

 J.-J. B. : Oui, mais on pourrait les utiliser.

R.B. : On pourrait les utiliser.

 J.-J. B. : Si on passe au niveau 6, on se donne la possibilité d’utiliser telle ou telle mesure. Si je comprends bien ?

R.B. : Voilà, exactement ! Vous avez bien compris.

 J.-J. B. : On se donne les coudées franches, c’est cela R. Bachelot ?

R.B. : Voilà, exactement !

 J.-J. B. : Bien. Possible. Tout à l’heure, 9h. Rendez-vous 9h ?

R.B. : C’est une décision...

 J.-J. B. : ...qui appartient au président de la République.

R.B. : Voilà, bien sûr !

 J.-J. B. : Donc, rendez-vous 9h. Vous êtes seule avec lui ou le Premier ministre sera là, ou... ?

R.B. : Evidemment, c’est une affaire interministérielle. Je vous signale que l’organisation de l’ensemble de cela est sous le pilotage du ministre de l’Intérieur, B. Hortefeux, qui dirige la cellule interministérielle de crise.

 J.-J. B. : Bien sûr. Dites-moi, cette réunion n’était pas prévue quand même, ce matin, à 9 heures.

Voir en ligne : La bande à Sarko nous a-t-elle pris en grippe ?

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