La CES ou le sous-marin du grand patronat et de l’extrême-droite

, par  John Groleau
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Très peu de personnes connaissent la Confédération européenne des syndicats (CES) « regroupant 90 syndicats nationaux, dont la CFDT, FO et la CFTC, ainsi que, depuis 1999, l’Unsa et la CGT » [1]. Actuellement son président est Laurent Berger, le « leader » de la CFDT.

Laurent Berger lors du 14e Congrès de la CES à Vienne

Lors de l’ouverture du dernier Congrès de la CES en mai dernier, son Secrétaire général, Luca Visentini, avait remercié « le Président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, d’avoir sauvé l’Europe sociale » [2] ! Comment peut-on sauvegarder quelque chose qui n’existe pas ! Et qui n’existera jamais étant donné que c’est l’une des finalités intrinsèques de la construction « européenne » !

Pour ceux qui ont encore une lueur d’esprit critique et le simple sens de l’écoute, il est souhaitable de découvrir les propos et d’analyser les parcours de certains personnages laissant miroiter l’« Europe sociale », comme Pierre Moscovici [3] ou encore André Philip, qui fut le président du Mouvement socialiste pour les États-Unis d’Europe de septembre 1949 à 1964 [4].

Doit-on encore rappeler à certains syndicalistes la déclaration du 29 janvier 2015 de l’ex-premier ministre du Luxembourg et l’un des parrains du dumping fiscal dans l’Union européenne [5] : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

La CES avait soutenu le traité constitutionnel européen de 2005 : « Le Comité de direction de la CES soutient la Constitution européenne comme “Point de départ” de nouveaux progrès vers des valeurs sociales plus fortes dans l’Union européenne » [6].

En 2011, sa Secrétaire générale, Bernadette Ségol, avait participé à l’Université d’été du MEDEF [7]. Le 7 septembre de cette même année, elle déclarait que « L’Europe ne doit plus hésiter. Ses dirigeants doivent franchir un cap vers davantage de solidarité et de fédéralisme avant que l’Europe ou l’euro se cassent la figure » [8]. Un an plus tard, le MEDE« F » affichait clairement sa priorité : le fédéralisme européen et la création des États-Unis d’Europe ! [9] Quel heureux hasard !

Capture d’écran. Bernadette Ségol à côté de Jürgen R. Thumann... 11e sommet européen des Affaires de 2013.

Que les syndicalistes sincères et combatifs de la CGT, cherchant à suivre le chemin tracé notamment par Ambroise Croizat, se posent tout de même quelques questions en sachant que « selon un sondage effectué par la Confédération européenne des syndicats (CES) auprès de ses membres actifs, un tiers d’entre eux ont reconnu avoir voté pour des partis d’extrême droite lors [des] dernières élections nationales et européennes. » [10]

La collaboration d’un syndicaliste avec le grand patronat et l’extrême-droite porte un nom qu’il ne faut jamais oublier : René Belin [11].

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