Paul Éluard, Athéna : « Peuple grec peuple roi »

, par  J.G.
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Poème publié pour la première fois en 1944 dans le n°15 de la revue Action et présent dans le livre ARAGON ELUARD VERCORS édité aux Éditions de Minuit pour le Conseil national de la Résistance, à l’occasion des Journées européennes de la Résistance, Paris 10-14 juillet 1946, exemplaire n°304, p. 19&20.

ATHENA


Peuple grec peuple roi peuple désespéré
Tu n’as plus rien à perdre que la liberté
Ton amour de la liberté de la justice
Et l’infini respect que tu as de toi-même

Peuple roi tu n’es pas menacé de mourir
Tu es semblable à ton amour tu es candide
Et ton corps et ton cœur ont faim d’éternité
Peuple roi tu as cru que le pain t’était dû

Et que l’on te donnait honnêtement des armes
Pour sauver ton honneur et rétablir ta loi
Peuple désespéré ne te fie qu’à tes armes
On t’en a fait la charité fais-en l’espoir

Oppose cet espoir à la lumière noire
A la mort sans pardon qui n’a plus pied chez toi
Peuple désespéré mais peuple de héros
Peuple de meurt-de-faim gourmands de leur patrie

Petit et grand à la mesure de ton temps
Peuple grec à jamais maître de tes désirs
La chair et l’idéal de la chair conjugués
Les désirs naturels la liberté le pain

La liberté pareille à la mer au soleil
Le pain pareil aux dieux le pain qui joint les hommes
Le bien réel et lumineux plus fort que tout
Plus fort que la douleur et que nos ennemis.

Paul Éluard

Dans la préface de l’ouvrage précédemment cité, p. 8, Emmanuel d’Astier de la Vigerie écrivit que « cette guerre avait été un épisode de la lutte séculaire, de l’esclave contre le maître, de l’opprimé contre l’oppresseur, du peuple contre les féodalités économiques et les formes sociales périmées. Des oligarchies, des gouvernements féodaux sont tombés comme châteaux de cartes. Ils avaient trahi la nation, parfois impuissante, en l’entraînant dans la voie du fascisme ».
En mai 1946, visitant la Grèce pour la première fois, Paul Éluard dénonça l’intervention impérialiste britannique lors d’une manifestation de masse au théâtre Attiki, en déclarant : « Le peuple grec nous montre qu’aucune cause n’est perdue lorsque cette cause est la défense de la Liberté ».
Pendant la guerre civile, de 1946 à 1949, les troupes royalistes grecques furent soutenues par les Britanniques et les Américains.

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