Troisième épisode du feuilleton du Canard républicain avec la ratification par voie parlementaire du Traité de Lisbonne

, par  John Groleau
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"De tous les sophistes, notre propre raison est presque toujours celui qui nous abuse le moins." Rousseau

Depuis quelques jours, les positions des éléphants du parti socialiste sur la question de la ratification par voie parlementaire du nouveau traité européen se précisent. Avant de faire le point sur celles-ci pour déjà en tirer quelques conclusions, il me semble souhaitable de rappeler une partie du projet socialiste de la dernière élection présidentielle :


- Partie IV de leur projet ("faire réussir la France en Europe et dans le monde") -samedi 1 juillet 2006- :

« C- Elaborer un nouveau Traité constitutionnel.

L’Europe élargie ne pourra demain décider de façon efficace et peser dans le monde qu’avec d’autres institutions que celles du Traité de Nice. Nous refuserons une ratification du Traité Constitutionnel Européen tel qu’il a été rejeté le 29 mai, même s’il est accompagné d’un nouveau préambule. Nous proposerons l’élaboration d’un Traité strictement institutionnel qui organisera efficacement les pouvoirs, avec un Parlement Européen exerçant ses pleines responsabilités législatives et budgétaires, un Président de la Commission élu par le Parlement, un Conseil Européen, avec à sa tête un Président de l’Europe. Une fois renégocié un tel traité sera soumis au peuple par référendum. » [1]


François Hollande

Tout d’abord, commençons par M. François Hollande, premier secrétaire du PS, Young Leader (1996) dans le cadre de la Fondation Franco-Américaine [2], député et maire de Tulle : il votera "oui" lors du vote au Parlement pour la ratification du nouveau traité. [3]

Ségolène Royal

Continuons avec la dernière candidate à l’élection présidentielle, Mme Ségolène Royal, ancienne députée, ancienne ministre des gouvernements Bérégovoy et Jospin, actuellement toujours présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, a estimé que la procédure la plus rapide était préférable, sans référendum donc, contrairement à sa position sur ce sujet lors de la dernière campagne présidentielle. [4]

Pierre Moscovici

M. Pierre Moscovici, militant strauss-kahnien, Young Leader (1996), ancien ministre délégué chargé des Affaires européennes du gouvernement Jospin et ancien représentant français à la Convention européenne présidée par M. Giscard d’Estaing, actuellement député du Doubs, s’était déjà exprimé début septembre 2007 en faveur d’un "oui" lors de la ratification parlementaire. [5]

Bertrand Delanoë

Elisabeth Guigou

Dans le clan des "oui" lors de la ratification parlementaire, on peut rajouter le Maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, mais aussi Mme Elisabeth Guigou, ancienne ministre du gouvernement Jospin. [6] Arnaud Montebourg

Pour terminer sur cette petite liste bien incomplète qui me demandera une mise à jour, je tiens à la terminer avec un éléphanteau : M. Arnaud Montebourg -Young Leader en 2000-. Ce dernier avait soutenu la fédéraliste européenne Mme Royal lors de la dernière présidentielle, mais avait été partisan du "non" à la Constitution européenne de 2005. Quelle est sa position sur le nouveau traité européen qui n’est qu’une copie de la Constitution de 2005 - (re)lire VGE : c’est la reprise de la Constitution européenne à 90% [7] - ? M. Montebourg n’ira "pas au Congrès à titre personnel. Politiquement, c’est une manière de laisser passer ce traité", mais aussi "de ne pas se substituer aux Français". En rajoutant que si un référendum était organisé, il voterait "oui" [8]. Le refrain qui lui sied le mieux est celui de la chanson L’opportuniste de Jacques Dutronc.

Conclusion...Je reprendrai tout d’abord les termes de M. André Bellon : " La "social-démocratie" n’est même plus démocrate " [9]. De plus, elle n’est plus sociale depuis fort longtemps. En effet, M. Pierre Mendès France soulignait dès 1974 que cette Europe-là est une "Europe libérale, fondée sur la seule concurrence" [10]. Comme l’a souligné un ancien soutien à Mme Royal, Ségolène ne s’appelle pas Constance [11]. Il serait temps de s’en apercevoir...Enfin, nous sommes à la veille d’un coup d’Etat : "Il ne saurait être question de transiger avec les principes fondamentaux des droits du peuple. Un vote a eu lieu. Il doit être respecté. Seul un nouveau vote populaire pourrait légitimer un nouveau traité. Les instances politiques actuelles n’ont aucun droit à s’y substituer. Dans le cas contraire, il s’agirait d’un véritable coup d’Etat " [12].

Article également publié par agoravox.

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