Quand la morale est instrumentalisée contre la politique

Nous sommes donc entrés dans une campagne présidentielle morale et de moins en moins politique.

Entendons-nous : il est nécessaire et républicain que la vie publique obéisse à des règles morales. Encore faut-il que ces règles soient claires, définies à l’avance et que la morale ne soit pas utilisée à des fins de propagande par des Savonarole de Prisunic.

Les professionnels des médias utilisent de plus en plus cet instrument, transformant l’élection présidentielle en règlement de comptes. Se situant en procureurs, alors même qu’ils pourraient aussi faire la lessive dans leur propre maison, ils donnent ainsi l’espace électoral à ceux qu’ils n’ont pas envie d’éliminer.

Au-delà du fait que la justice n’est pas une question de lynchage ou de privatisation des sanctions, il importe de dire que la situation actuelle est aussi la conséquence naturelle de l’élection présidentielle. La personnalisation à outrance aboutit inévitablement au remplacement du débat politique par les accusations personnelles, à la destruction aveugle des personnalités qui gênent le système et à la valorisation sans nuances des grandes gueules.

Une fois de plus, il faut bien constater que la présidentielle est une horreur et que le rétablissement de la démocratie passe par son élimination.

André Bellon

Voir en ligne : Présidentielle NON, Constituante OUI.

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