République, où est passé ton combat émancipateur ?

, par  André Bellon
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« Même si je ne suis pas d’accord avec tes options, je me battrai pour que tu aies le droit de les exprimer ». Si cette pensée très voltairienne est à l’honneur ces derniers temps, en saisit-on toujours toute la logique ?

Le 9 août dernier, l’adjoint au maire de Lormont (Gironde) informait Gérald Dumont, directeur de la compagnie Théâtre K, metteur en scène et interprète de Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes (texte de Charb qui fut massacré à Charlie hebdo) que son spectacle, préalablement invité par l’association Laïcité 33, faisait l’objet d’une déprogrammation de dernière minute de la part de la Mairie (PS). Le motif invoqué était que la représentation n’allait pas dans le sens d’une transmission apaisée. Parallèlement, d’autres déprogrammations ont eu lieu à Lille ou à Avignon.

Dans la même période, un évènement public baptisé « camp décolonial » rassemble des personnes censées représenter les victimes d’un passé raciste et excluant les blancs non originaires de catégories autrefois soumises à l’oppression et, de ce fait, arbitrairement considérés comme oppresseurs. Le Conseil d’État n’y trouve rien à redire.

Une député « insoumise » soutient un groupe censuré qui chantait « Nique la France » au nom de la liberté d’expression. Soutient-elle la liberté de parole du boxeur Quarteron, violemment attaqué sur les réseaux sociaux pour avoir affirmé sa fierté d’être français ?

Au-delà des questions légitimes de trouble à l’ordre public, force est de reconnaitre que nous nageons en pleine confusion et que pointe le risque de censure à géométrie variable. Les combats pour la promotion des idées républicaines et laïques sont souvent présentés comme réactionnaires tandis que les luttes claniques ou communautaires sont de plus en plus considérées comme positives. Au nom de souffrances historiques plus ou moins instrumentalisées par des « héritiers » autodésignés, on casse toute possibilité de rassemblements progressistes. Au nom des chaos de l’Histoire, on oppose au lieu de réunir. La peur des réactions fait le reste.

République, où est passé ton combat émancipateur ?

Article également publié par Agoravox.

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