"Les Hauts-de-Seine ont été un département pionnier ". Par Jean-Pierre Dubois

, par  J.G.
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« La vidéosurveillance et les Hauts-de-Seine ? Une vieille et longue histoire qui remonte au début des années 1980 lorsque Patrick Balkany, alors maire RPR de Levallois-Perret, provoqua une tempête en annonçant qu’il allait faire surveiller les rues de sa ville par des caméras. Une décision qui déchaîna manifestations et pétitions et amena à la saisine de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

C’est un autre élu du département, Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur, qui a donné à la vidéosurveillance son cadre législatif avec la loi du 21 janvier 1995. Par la suite, M. Pasqua, président du conseil général des Hauts-de-Seine, encouragera l’installation de caméras de surveillance à l’aide de subventions départementales jusqu’à les inscrire dans les contrats locaux de sécurité. Charles Pasqua

D’Asnières à Antony, villes UMP, les caméras ont poussé le long des rues et des places publiques au fil des ans. Au risque de se retourner contre leurs promoteurs : en février 2004, le directeur de cabinet du maire UMP d’Asnières est surpris en train de visionner les images retransmises depuis les rues de la ville pour reconnaître des colleurs d’affiches de l’opposition municipale.

En 2003, M. Pasqua envisage de faire "vidéosurveiller" les quelque 90 collèges du département. Un plan ambitieux est mis en oeuvre par un ancien syndicaliste de la police, Jean-Louis Arajol, devenu le conseiller en sécurité de M. Pasqua au conseil général. Mais ce projet, jugé démesuré, est abandonné après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence du conseil général en 2004. M. Sarkozy voyait aussi poindre l’hostilité des enseignants et de parents d’élèves. Sarko&Pasqua

Lors de la campagne des régionales de 2004, Jean-François Copé, tête de liste UMP, inscrit dans son programme "la généralisation de la vidéosurveillance". "On va mettre des caméras partout, dans les gares, à l’entrée des immeubles", promettait-il alors. Plus récemment, le nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin, que MM. Pasqua et Sarkozy recrutèrent dans les Hauts-de-Seine, affirmait devant le Conseil de Paris que la capitale "n’est pas suffisamment bien équipée en matière de vidéosurveillance, voire sous-équipée". » Jean-François Copé

Article de Jean-Pierre Dubois du 10 juillet 2007, journal Le Monde.

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