La langue est-elle fasciste ?

, par  J.G.

Issue du romantisme, la modernité occidentale s’est construite par opposition avec le "classicisme" assimilé à un style de domination sociopolitique. Portée à l’excès, cette critique aboutit à la phrase fameuse de Roland Barthes, "la langue est fasciste", qui en dit long sur le contre-sens d’interprétation sur lequel se fonde cette critique.
L’ouvrage d’Hélène Merlin-Kajman nous propose une tout autre vision du classicisme. La civilité qu’il a instaurée a eu pour fonction, dans la France du XVIIe siècle, de sortir de la violence des guerres civiles de religion pour instaurer une nouvelle forme de collectivité, qui se situerait au-delà des affrontements entre communautés.
Il faut dénouer cette erreur historique pour purger la modernité de sa part mortifère, telle qu’elle s’exprime notamment à travers des formes de pédagogie qui, sous couleur de progressisme, se réduisent à donner une vision négative de la norme.

Quatrième de couverture du livre d’Hélène Merlin-Kajman, La langue est-elle fasciste ?, Éditions du Seuil, février 2003. Hélène Merlin-Kajman, ancienne élève de l’ENS de Fontenay-aux-Roses, est professeur de littérature française du XVIIe siècle à l’université de Paris III-Sorbonne nouvelle.

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