La « déchéance de nationalité » et la Révolution - commentaires La « déchéance de nationalité » et la Révolution. Par Marc Belissa 2016-03-12T11:01:55Z https://xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article758#comment590 2016-03-12T11:01:55Z <p>Robespierre et les Etrangers.</p> <p>Extraits de « la Révolution et les Etrangers » d'Albert Mathiez.</p> <p>Dès le 5 avril 1793, Robespierre avait demandé aux Jacobins « l'expulsion de tous les généraux étrangers auxquels, disait-il, nous avons imprudemment confié le commandement de nos armées ». L'opinion des gouvernants n'était pas encore mûre pour une mesure aussi radicale, mais déjà une méfiance, chaque jour plus accentuée, se dessinait contre les légions étrangères. (page 127)</p> <p>La lutte des partis ou plutôt des factions s'exaspèrent. Dans son grand rapport du 5 nivôse, 25 décembre1793, sur les principes du gouvernement révolutionnaire, Robespierre fait retomber sur les étrangers la cause de toutes les crises que la Révolution avait traversées : « Ils délibèrent disait-il, dans nos administrations, dans nos assemblées sectionnaires, ils s'introduisent dans nos clubs, ils ont siégé jusque dans le sanctuaire de la représentation nationale… Ils rôdent autour de nous, ils surprennent nos secrets, ils caressent nos passions, ils cherchent à nous inspirer jusqu'à nos opinions, ils tournent contre nous nos résolutions.. Etes-vous faibles ? Ils louent votre prudence. Etes-vous prudents ? Ils vous accusent de faiblesse ; ils appellent votre courage témérité, votre justice cruauté. Ménagez-les, ils conspirent publiquement, menacez-les, ils conspirent dans les ténèbres et sous le masque du patriotisme. Hier ils assassinaient les défenseurs de la liberté, aujourd'hui, ils se mêlent à leurs pompes funèbres… Les étrangers ont paru quelque temps les arbitres de la tranquillité publique… leur principal objet est de nous mettre aux prises les uns avec les autres. » Robespierre conclut qu'il fallait se hâter de traduire en jugement les étrangers conspirateurs. (Page 172)</p> <p>11pluviôse an II (30 janvier 1794). (Extraits)</p> <p>Robespierre. « On veut séparer le peuple anglais de son gouvernement, je ne demande pas mieux, à condition qu'on distinguera aussi le peuple anglais faisant la guerre à la liberté, conjointement avec son gouvernement, du peuple anglais punissant ce même gouvernement de ses attentats contre la liberté.<br class='autobr' /> Qu'est-ce que cette anglomanie, déguisée sous le masque de la philanthropie, si ce n'est la conservation de l'ancien brissotisme qui négligea le bonheur et la tranquillité de son pays pour aller s'occuper de la liberté de la Belgique ? (Applaudi)</p> <p>Assurez votre liberté avant de vous occuper de celle des autres.</p> <p>Pourquoi veut-on que je distingue un peuple qui se rend complice des crimes de son gouvernement, de ce gouvernement si perfide ? Je n'aime pas les Anglais, moi (Applaudissements) parce que ce mot me rappelle l'idée d'un peuple insolent osant faire la guerre au peuple généreux qui a reconquis sa liberté. Je n'aime pas les Anglais, parce que leur gouvernement perfidement machiavélique envers le peuple même qui le souffre… a osé dire et proclamé qu'il ne fallait garder aucune foi, aucune règle d'honneur avec les Français dans cette guerre, parce que c'était un peuple de rebelles qui avait foulé aux pieds les plus saintes ; parce qu'une partie du peuple, les matelots, les soldats ont soutenu par les armes cette odieuse proclamation. En qualité de Français, de représentant du peuple, je déclare que je hais le peuple anglais ( Applaudi ). Je déclare que j'augmenterai, autant qu'il sera en moi, la haine de mes compatriotes contre lui. Que m'importe ce qu'il en pense, je n'espère qu'en nos soldats et la haine profonde qu'ont les Français pour ce peuple.</p> <p>Je ne m'intéresse au peuple anglais qu'en qualité d'homme. Alors, j'avoue que j'éprouve quelque peine à en voir un si grand nombre, lâchement soumis à des scélérats qui les conduisent insolemment. Cette peine chez moi est si grande que j'avoue que c'est dans la haine pour son gouvernement que j'ai puisé celle que je porte à ce peuple ; qu'il le détruise donc, qu'il le brise. Jusqu'alors je lui voue une haine implacable. Qu'il anéantisse son gouvernement ; peut-être pourrions-nous encore l'aimer… Il est quelque chose de plus méprisable encore qu'un tyran ; ce sont des esclaves. ( Applaudissements )</p> <p>Mathiez : « Robespierre fut frénétiquement applaudi. Il traduisait dans un langage passionné cet égoïsme sacré qui est pour les nations ce qu'est l'instinct de conservation pour les individus. » (La Révolution et les Etrangers. Page 178).</p> <p> OEuvres de Maximilien Robespierre Tome X.</p>