La galanterie à la cour et les amours paysannes dans les prés Conférence du 4 octobre 2025 organisée par l’ARBR

, par  Florence Gauthier
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La période moderne se confond avec l’essor de la galanterie, soit une politique de civilisation des rapports entre les sexes. Elle fut introduite dans le Royaume de France par François Ier qui la rencontra en Italie, chez la duchesse d’Urbino, et décida de l’introduire à sa cour. Elle régressa sous l’effet des Guerres de religion, durant lesquelles elle se réfugia dans des hôtels particuliers, puis réapparut à la cour sous Louis XIII pour triompher sous Louis XIV. Au siècle suivant, elle fut combattue par le libertinage, la débauche et les débuts du romantisme, mais offrit aussi des prolongements avant de tomber dans l’oubli.

À la cour de François Ier, les femmes se virent confier la tâche de civiliser « les nobles soudards illettrés et les clercs misogynes » par des moyens multiples : la séduction, le commerce spirituel, la culture et ses langages, la valorisation de l’amour et du plaisir.

La mixité fut une première conquête et, au XVIIe siècle dans ce royaume, les femmes se trouvent partout, dans les rues et les salons, à la cour et peuvent s’adresser à un galant homme sans déshonneur. Les hommes doivent apprendre à faire confiance aux femmes, ce qui a demandé, des deux côtés, un apprentissage : ce sont les femmes qui se gardent elles-mêmes et cette confiance réciproque offre les conditions de l’estime et de l’amour. Les galants hommes ont encore appris à parler de tout devant et avec elles.

La préciosité, avec Madeleine de Scudéry, a valorisé le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes et affirmé la propriété de leur corps, ce qui constitue une immense conquête, qui a contribué à construire non seulement l’égalité entre les deux sexes, mais aussi leur désaliénation réciproque. Elle a rendu l’amour et la sexualité « précieux » et honorables, et leur a donné, à une époque où l’orgasme était considéré comme une fonction vitale mais qui appartenait au « bas corporel », le rôle de recéler les secrets de l’âme.

À la même époque, les cartésiens associaient les femmes à leurs travaux, pas seulement comme auditrices, mais comme savantes :

« C’est pourquoi il n’y a aucun inconvénient que les femmes s’appliquent à l’étude comme nous. Elles sont capables d’en faire aussi un très bon usage… » (Poulain de la Barre, p. 78).

La galanterie appartient au monde profane de la gaieté et de la joie de vivre, mais aussi de l’excitation que produit la mixité et la possibilité de séduire et de charmer. La liberté des femmes consiste encore à avoir une vie sociale, à parler avec des hommes qui ne sont pas seulement des proches. Elle a généré une érotisation sociale en permettant de parler d’amour publiquement, comme d’une passion commune au genre humain, et pas seulement sur le registre de la singularité sans partage...

Qu’est-ce que la galanterie ? Je me propose de présenter ci-dessous ce que fut cette politique de civilisation des rapports entre les sexes et son indéniable présence dans les mœurs, les arts, la culture et la politique de l’époque moderne.

Et enfin, de parler de la clef de cette culture qui se trouve dans les Amours paysannes…

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