La Marseillaise

, par  J.G.
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Rouget de Lisle chantant La Marseillaise, peinture d’Isidore Pils, 1849, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

- SON HISTOIRE :

A l’origine la Marseillaise est un chant de guerre révolutionnaire et un hymne à la liberté.

Le 20 avril 1792, l’Assemblée législative déclare la guerre à l’empereur d’Autriche (et plus tard au roi de Prusse) parce qu’elle veut libérer les peuples de l’Empire et aussi pousser Louis XVI à se trahir (les 20-21 juin 1791 : fuite de la famille royale rattrapée à Varennes. Le roi est suspendu ; le 13 septembre 1791 : Louis XVI accepte la Constitution de 1791, après avoir été rétabli dans ses fonctions). Le roi accepte la guerre parce qu’il espère en profiter pour rétablir son autorité.

Le capitaine français du génie Claude-Joseph Rouget de Lisle, poète et violoniste amateur, est en garnison à Strasbourg. Il fait partie du bataillon "Les enfants de la Patrie". Le 25 avril 1792, Frédéric de Dietrich, maire de la ville de Strasbourg, organise une fête à laquelle participe Rouget de Lisle. Durant cette soirée, Monsieur et Madame Dietrich ainsi que les généraux de l’armée du Rhin lui demandent de réaliser un chant de guerre pour encourager les troupes. Dans la nuit du 25 au 26 avril, Rouget de Lisle compose le "Chant de guerre pour l’armée du Rhin". Ce chant fut chanté pour la première fois, par Rouget de Lisle le 26 avril 1792 dans le salon du maire Dietrich, avec un accompagnement de clavecin joué par Madame Dietrich, en présence des généraux et des amis de Dietrich présents la veille.

Le 29 avril 1792, ce chant de guerre fut interprété publiquement à Strasbourg par la musique de la Garde Nationale devant huit bataillons. Ce chant se répandit partout. Il arriva jusqu’au sud de la France et fut chanté à Marseille le 22 juin 1792 par le docteur Mireur lors d’un banquet. Cet air fut accueilli avec enthousiasme et les journaux marseillais publièrent le lendemain, les paroles et la musique. Ce jeune médecin Mireur faisait partie des fédérés -membres des Gardes nationales des villes de France qui se sont associées- de Marseille qui s’étaient unis au bataillon de Montpellier. Tout en se rendant à Paris, les fédérés marseillais reprirent sans cesse ce chant dans les villes et les villages. Ils participèrent à l’insurrection des Tuileries le 10 août 1792 en chantant ce chant de guerre révolutionnaire ; d’où le nom de Marseillaise.

La Marseillaise fut décrétée chant national le 14 juillet 1795 (26 messidor an III) par la Convention. Elle fut interdite sous l’Empire et la Restauration, puis remis en valeur lors des Trois Glorieuses, les 27-28-29 juillet 1830. Berlioz en élabora une orchestration qu’il dédia à Rouget de Lisle. La IIIème République en fait un hymne national le 14 février 1879 et, en 1887, une "version officielle" est adoptée. Le 14 juillet 1915, les cendres de Rouget de Lisle sont transférées aux Invalides. Le caractère d’hymne national est à nouveau affirmé dans les constitutions de 1946 et de 1958 (article 2). Sous son mandat de Président de la République française, Valéry Giscard d’Estaing a fait diminuer le tempo de la Marseillaise afin d’atteindre le rythme original. Par conséquent, la Marseillaise jouée actuellement est une adaptation de la version officielle de 1887.

- LA MUSIQUE :

Couverture des chants républicains, édition Galerie Verot Dodet, publiée par Jules Laisné en 1848 : Couverture des chants républicains, Jules Laisné

- LES PAROLES :

1er couplet

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L’étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils, vos compagnes

Refrain

Aux armes, citoyens,

Formez vos bataillons,

Marchons, marchons !

Qu’un sang impur

Abreuve nos sillons !

2ème couplet

Que veut cette horde d’esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C’est nous qu’on ose méditer
De rendre à l’antique esclavage !

3ème couplet

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

4ème couplet

Tremblez, tyrans et vous perfides
L’opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S’ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

5ème couplet

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s’armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

6ème couplet

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

7ème couplet

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre.

N.B. : le septième couplet, dont l’auteur reste à ce jour inconnu, a été ajouté en 1792.

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