Victor Hugo et la loi Falloux

, par  J.G.
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Victor Hugo, photographie de Nadar.

Lors de la discussion de la loi Falloux, à l’Assemblée législative, Victor Hugo, avec son éloquence coutumière, s’éleva contre cette main mise du "parti clérical" sur l’école :

"Je m’adresse, non certes, au vénérable évêque de Langres, non à quelque personne que ce soit dans cette enceinte, mais au parti qui a, sinon rédigé, du moins inspiré le projet de loi, à ce parti à la fois éteint et ardent, au parti clérical. Je ne sais pas s’il est dans le Gouvernement, je ne sais pas s’il est dans l’Assemblée (Mouvement) ; mais je le sens un peu partout. (Nouveau mouvement). Il a l’oreille fine, il m’entendra. (On rit). Je m’adresse donc au parti clérical et je lui dis : Cette loi est votre loi. Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c’est construire. (Sensation). Je me défie de ce que vous construisez. (Très bien, Très bien !).

Je ne veux pas vous confier l’enseignement de la jeunesse, l’âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s’ouvrent à la vie, l’esprit des générations nouvelles, c’est-à-dire l’avenir de la France. Je ne veux pas vous confier l’avenir de la France : parce que vous le confier ce serait vous le livrer. (Mouvement).

Il ne suffit pas que les nations nouvelles nous succèdent, je veux qu’elles nous continuent. Voilà pourquoi je ne veux ni de votre souffle, ni de votre main sur elles. Je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous. Après cette gloire, je ne veux pas de cette honte."

Extrait de son discours à l’Assemblée législative, le 15 janvier 1850.

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