"Trop laïc, trop bavard, au placard !". Par Jacques Guyon

, par  J.G.
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Alain Morvan

« Pour paraphraser approximativement un mot célèbre d’un ancien ministre de la Défense, on pourrait dire que quand on est haut fonctionnaire de l’Education Nationale, soit on ferme sa gueule, soit on accepte de perdre son poste. Pour avoir voulu l’ignorer -ou plus exactement pour n’avoir pas accepté de mettre ses conceptions républicaines et laïques dans sa poche -Alain Morvan, recteur de Lyon, vient d’en faire la cruelle expérience. La décision de le démettre de ses fonctions, proposée par Gilles de Robien, a été actée hier matin en Conseil des ministres. Qu’a donc fait d’aussi infamant Alain Morvan pour être dégradé sur le front des troupes ? Il paie simplement le fait de s’être opposé pendant huit mois à l’ouverture dans la banlieue de Lyon du lycée musulman Al-Kindi, établissement qui a finalement ouvert ce mois-ci une classe de 6e accueillant une vingtaine d’élèves. Outre des problèmes de sécurité qui avaient fait l’objet de trois décisions administratives négatives du Conseil académique de l’Education Nationale (CAEN), Alain Morvan avait tiré la sonnette d’alarme sur les liens des promoteurs du projet avec l’intégrisme ainsi que sur l’opacité des financements du futur établissement. Un discours politiquement incorrect ? C’est en tout cas ce que lui a fait savoir l’été dernier le ministère de l’Intérieur et des Cultes. Las pour lui, Alain Morvan n’a pas voulu entendre la leçon. L’homme a non seulement persisté en proclamant qu’il refusait de "vendre la République à la découpe" mais il a raconté sa convocation en haut lieu. Provocation fatale : laisser entendre que le gouvernement ne défendrait pas correctement la laïcité, c’était carrément suicidaire...Hier, la nouvelle de la radiation a fait l’effet d’une bombe. Et d’abord à Lyon où Alain Morvan est respecté pour sa rigueur. Qu’aujourd’hui, certains osent l’accuser d’ "islamophobie" est indigne. C’est faire insulte à ce même homme qui a pris part activement en 2005 à l’exclusion de certains professeurs de l’Université -dont Bruno Gollnisch, numéro 2 du FN - pour révisionnisme. On avait déjà eu à connaître la lâcheté de Gilles de Robien lors de l’affaire Robert Redeker, le philosophe menacé de mort par les islamistes auquel le ministre avait déjà servi le couplet du "devoir de réserve". On se retrouve désormais face à une décision qui donne des gages à ceux qui pensent que la République peut s’accommoder à n’être qu’une juxtaposition de communautarismes. Ce n’est pas faire preuve de "laïcisme" que de souligner que les valeurs de la République n’ont à voir ni avec la compromission et la pleutrerie des uns ni avec les petits calculs électoraux des autres. » Jacques Guyon, éditorial dans le journal Charente libre, jeudi 22 mars 2007.

P.S. de J.G. :

- En vertu de quoi des établissements catholiques, protestants et juifs auraient le droit d’exister et pas les établissements musulmans ? Si les établissements scolaires doivent être laïcs et uniquement laïcs -ce que j’espère-, cela doit valoir bien évidemment pour tous !
- Pour un grand service public d’éducation, national, unifié, laïque, gratuit et rénové : http://www.fol49.org/petitionrepublicaine/

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