Dis, papa, c’est quoi l’idéologie ?

, par  André Bellon, Tribune libre
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Mercredi 15 octobre, précisément pendant la brève accalmie de la crise boursière, un ancien ministre anglais des affaires étrangères affirma que, grâce à l’Europe, la crise était maîtrisée.

Remarquons d’abord, pour en rire, l’énorme écart entre son discours et la réalité. Car, au cœur de la crise boursière, les États membres étaient surtout d’accord pour affirmer en commun leurs désaccords.

Mais là n’est pas la question. Car ce fin analyste utilisait sa fausse vision pour appeler à plus d’Europe, à renforcer les traités européens et à sanctionner les mauvais joueurs. Tout particulièrement, il demandait que les Irlandais, coupables d’avoir mal voté sur le traité de Lisbonne, soient invités à revenir sur leur vote ou à s’éloigner de l’Europe.

Ce discours violent est caractéristique d’une classe dirigeante qui ne veut ni voir, ni entendre, ni comprendre. Sa méthode est la bonne quels que soient les évènements. Si tout va mal, il faut plus d’Europe. Si tout va bien, c’est grâce à l’Europe. Au fait, c’est quoi le totalitarisme ?

Ainsi personne ne serait autorisé à poser les seules questions qui vaillent. Comment continuer avec les traités existants ? Peut-on accepter de continuer à mettre en œuvre des politiques qui, justement, sont cause des graves difficultés actuelles ? Peut-on perpétuer les critères du traité de Maastricht, l’indépendance de la Banque centrale européenne, autant d’instruments pour la liberté sans contrôle des capitaux ? Va-t-on sanctionner ceux qui, comme les Irlandais, ne veulent plus de ce type de traités ? Va-t-on ignorer longtemps la volonté des peuples comme on l’a fait en France ou aux Pays-Bas ?

Le soir du 15 octobre, après les déclarations de notre béat europhile, les bourses plongeaient à nouveau. De nouveaux chiffres sortaient qui caractérisaient la récession et le chômage montant. Face à ce nouveau défi, quel va être le discours officiel ? Ou plutôt, comment vont réagir les représentants des intérêts dominants, du capitalisme débridé qu’ils veulent à tout prix défendre ?

Il n’est plus admissible aujourd’hui de parler de l’Europe comme d’un Dieu devant lequel doivent s’effectuer des sacrifices sociaux. Il ne suffit plus de demander des aménagements. Il faut dire clairement que les fondements de cette construction sont absurdes, antidémocratiques et générateurs de difficultés sociales graves.

Il faut dire surtout que les classes dirigeantes qui ont conduit les économies dans cette catastrophe sont illégitimes et que la parole doit être rendue aux peuples.

André Bellon

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